L’Expérience Océanique!
lun. 09/09/2002 12:45
Cher Vince,
Je vais essayer d’être aussi poétique et enivrant que toi.
Je me suis réveillé en ce matin clair de septembre et ai admiré ce que la nature offre parfois à ceux qui savent la regarder.
Dans la lumière pâle d’un soleil opalin pas encore décidé à réchauffer les corps, j’ai vu ces monstres blancs, cette écume tonitruante déroulant jusqu’où mes yeux portaient. Le vent d’est amenait des odeurs de pin et d’herbe fraîchement coupée. Il apportait aussi le bonheur du dompteur de vague (si jamais ce mot, dompteur, a réellement un sens dans de telles conditions): le tube. Profond, caverneux, dévorateur et orgasmique. Au sommet de ces visions divines le vent décrochait des gerbes immenses, de celles qui aveuglent le rameur pour mieux le livrer, désorienter, au gouffre d’eau.
Déjà cette jubilation collective si particulière s’emparait de tous. Ce besoin de se jeter face à l’apparemment impossible, ce besoin de confrontation avec la nature… Au bout de la dune le petit peuple local, assis sur de lourd bancs de bois, regardait les flots grossir, et encore grossir. Entre peur et excitation.
Alors j’ai décidé d’ouvrir la voie. L’océan voudrait il de moi? Me laisserait-il accéder au temple des temples, le pic vierge et explosif? Ou bien me rejeterait-il dès les premières lignes d’eau blanches, elles même déjà démesurées?
J’ai vécu l’expérience océanique. Dans un pacte évident l’océan m’a dit « viens danser avec moi, je te laisse me conquérir mais donne moi du plaisir ». Je démarre, la pente est telle, le gouffre est tel qu’il soulève mon corps et mon coeur; je mets un moment à comprendre que cette grande façade bleue juste à côté de moi, et à laquelle je fais déjà face, est une vague d’une hauteur jamais connue auparavant. Peut être quatre bons mètres et je suis toujours seul. Mais l’océan a décidé de m’aimer aujourd’hui. Devant moi cette vague m’ouvre la porte, elle déroule délicatement même si le fracas derrière moi me rappel le danger, et puis…elle me recouvre. Je n’ai rien à faire qu’a patienter tranquillement quatre ou cinq secondes dans cette caverne maternelle. Je n’ai rien à craindre je sais qu’aujourd’hui Poséidon ne me trahira pas. Poséidon surfe avec moi! Un souffle plus frais encore que le reste de la vague fini par me recracher m’envoyant m’envoler sur la crête de mon accompagnatrice marine… je retombe loin, assouvi, ne pensant pas à mon statut de fichu de paille dans cette zone d’impact… je m’en fiche, cette vague était si belle que Dieu existe.
Et pour couronner ce moment de grâce j’entends au loin des cris et des sifflets admiratifs sur la dune. La population locale se décide à me rejoindre pour une journée désormais légendaire.
See you soon et bonne continuation dans ton pays loin là-bas.
Peyo.
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J’en profite pour mettre un peu en avant son travail.
Smood Films Paolo Zappa Supamonks

janvier 20th, 2009 at 12:43
Oué mon Pey’ on te kiff tu vois !
janvier 21st, 2009 at 16:45
I Love Contis…
Je pense que l’éxpérience océanique permet à tous de s’évader vers des sensations superbes, appaisantes et véritables.
février 8th, 2009 at 12:23
joli lettre en effet, mais la « vague juste à côté de mois » serait plutôt une « vague juste à côté de moi »
février 9th, 2009 at 10:26
En effet, je prends l’initiative de corriger l’auteur… Vu la vague, pas étonnant qu’il en perde son français le Peyo!